Affichage des articles dont le libellé est fantasy. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est fantasy. Afficher tous les articles

mercredi 21 décembre 2011

[Info] Première bande-annonce de The Hobbit: elle est là !


En attendant celle de Prometheus prévue pour demain, voici la première bande-annonce du diptyque The Hobbit de Peter Jackson.

Rien d'extraordinaire, même si on peut constater que l'ambiance de la trilogie du Seigneur des Anneaux est bien là.

vendredi 25 novembre 2011

[Avis] Noé Tome 1 "Pour la Cruauté des Hommes" de Aronofsky, Handel et Henrichon aux éditions Le Lombard

Noé, descendant d'Adam, vit dans un monde désolé, aux terres arides et inhospitalières. La raréfaction des ressources y a exacerbé la barbarie enfouie au plus profond de l'Homme, et il serait bien temps qu'un châtiment arrive remette les choses en place. Noé souffre de visions, qui lui annoncent une grande catastrophe, sous la forme d'un déluge. Lui qui autrefois fut un Mage reconnu et influent, décide de tenter de prévenir ses congénères. Mais devant les railleries et la violence de ces derniers, il renonce à les sauver, persuadé que le but du Créateur est peut-être justement de les soumettre au jugement dernier... Noé se met en route pour le Mont Ararat, où il pourra se mettre à l'abri avec sa femme et ses enfants. De là bas, il pourra mettre en œuvre son choix: préserver les animaux. Mais pour rejoindre cet endroit, il doit traverser le domaine des Gardiens, ces géants qui ne portent guère l'Homme en leur coeur...

Pour la deuxième fois, après The Fountain, Darren Aronofsky, célèbre cinéaste, s'essaie à la BD. Cette fois-ci il nous en livre une à l'aspect très européen, aussi bien par le graphisme que par le découpage du dessinateur Niko Henrichon.

Noé est un album qui, à défaut d'être transcendant, se révèle d'une agréable lecture. Pour l'apprécier, il faut finalement s'intéresser à ce qu'Aronofsky tente de faire avec le mythe de Noé, qui est certainement un des personnages bibliques les plus connus, même pour les lecteurs athées et sans culture religieuse comme moi (cela m'a finalement certainement permis de mieux apprécier le scénario). On ne parle pas ici d'une adaptation littérale du mythe (encore heureux), mais plutôt d'une relecture de ce dernier.

(c) Aranofsky - Handel - Henrichon / Le Lombard
En lisant cet album, on subit un peu ce que j'appelle le syndrome Titanic, c'est à dire qu'on imagine un peu comment va se dérouler l'histoire. Donc, un peu à la manière du film de Cameron, c'est le chemin emprunté qui fait la différence. En l'occurrence, la transposition du mythe de Noé sur une Terre à la sauce médiévale-fantastique est assez réussie. On y trouve l'aspect grandiose à la fois dans le texte et dans les grandes cases faisant la part belle aux décors. Le clou est vraiment enfoncé par la qualité graphique de l'ensemble. Le trait d'Henrichon est superbe (par contre, pour parler purement de l'impression de l'ouvrage, on a le sentiment que la reproduction est parfois floue), sa mise en couleur l'est tout autant. Le monde qu'ont mis en place les auteurs parvient à faire oublier la dimension biblique de l'histoire, ce qui pour ma part est un critère de soulagement, car j'ai un peu de mal avec tout ce qui est religieux... Ceci dit, je trouve que le peu d'éléments bibliques qu'il reste, on aurait pu s'en passer. Car on croirait que l'on cherche à nous rappeler régulièrement qu'il s'agit bien de l'adaptation de l'histoire de Noé qu'on est en train de lire. Cela aurait tout aussi bien fonctionné en racontant l'histoire comme n'importe quelle autre, sans ces "panneaux de signalisation"... De toute manière, rien que le titre annonçait la couleur...

Autre aspect, dans l'air du temps: l'arrière-plan un peu écolo. L'histoire bénéficie d'une certaine résonnance contemporaine, en lien avec que ce l'Homme fait de sa planète, en épuisant la moindre de ses ressources. Heureusement, ce discours là n'est pas asséné lourdement, disons que c'est un petit plus qui apporte un peu de profondeur au propos, pour ceux qui en cherchent (bon et là, il ne fallait pas aller bien loin).

(c) Aranofsky - Handel - Henrichon / Le Lombard
En tout cas, la forte pagination de l'ensemble permet d'obtenir un premier tome bien construit, dont on a envie de connaître la suite, pour voir si finalement Aronofsky et Handel ne vont pas bifurquer un peu en cours de route, et prendre encore plus de liberté avec le mythe, histoire qu'on accroche un peu plus. J'ai beaucoup apprécié la dernière partie de l'album, qui me paraît être la plus inventive, avec une des plus belles séquences: la chute des anges sur Terre.

A noter pour l'anecdote que Noé était, jusqu'à il y a encore peu, une histoire que Darren Aronofsky projetait d'adapter au cinéma depuis un moment. Il avait semble-t-il choisit d'en faire une BD, faute de pouvoir en trouver le financement. Le Lombard a réalisé un bon coup en éditant cette BD (première mondiale en France, l'album ne sortant aux USA que l'année prochaine), et ils ont eu la chance côté timing, puisque début octobre, juste avant la parution de Noé chez nous, on a appris que la Paramount a signé un deal pour porter la BD à l'écran, avec un script repris sous la houlette de John Logan (Gladiator, Le Dernier Samouraï). Le but, apparemment, est de réaliser un film-catastrophe démesuré, à la "Roland Emmerich" (euh, bof la référence) dixit Aronofsky himself. En attendant, la BD s'étalera sur quatre albums, dont le dernier devrait paraître en 2014. Le film quant à lui, devrait entrer en production au printemps 2012, avec une sortie envisagée pour l'été 2013.


Pour terminer, une bande-annonce promo pour ce tome 1 de Noé:


Note finale:
Une relecture du mythe de Noé assez réussie, qui vaut pour le moment le détour surtout d'un point de vue graphique, le scénario ne devenant vraiment prenant que sur le dernier quart de l'album. Ceci dit, cela préfigure d'un second album intéressant si la suite reste de cet acabit.

mercredi 5 octobre 2011

[Avis] Ralph Azham T.2 "La Mort Au Début du Chemin" de Trondheim aux éditions Dupuis

Ayant beaucoup aimé le premier tome de Ralph Azham, (et le travail de Lewis Trondheim, dans sa quasi-globalité), j'attendais avec impatience la sortie du second.

J'ai été assez surpris par cette suite. Partagé, ajouterai-je. Attention, pas partagé par le résultat, car au final, j'ai quand même aimé cet album. Mais j'ai ressenti quelques gènes à sa lecture, concernant le rythme auquel les situations s'enchaînent. Je me suis demandé quelles étaient les intentions réelles du sieur Trondheim qui, on le sait, n'aime jamais aller là où on l'attend... Je vais revenir là-dessus un peu plus loin...

Pour ce nouvel opus, nous retrouvons donc Ralph et Raoul, en route pour Astolia, la cité où l'on rassemble les "bleuis"  (des enfants qui ont un super pouvoir, parfois bien nase :D). C'est là qu'on doit les présenter à l'Oracle, qui "vérifiera" si parmi eux se trouve l'Elu, celui qui mettra un terme à la terreur de Vom Syrus. Sur leur chemin, nos deux compères font une pause dans une garnison du royaume. C'est là qu'ils rencontrent de nouveaux enfants aux dons les plus farfelus les uns que les autres (genre celui qui ne dort jamais, celui qui entend de très loin). Eux aussi sont en transit pour Astolia. Il tombent notamment sur Yassou, sorte de mini Amiral Ackar bleu, très bavard, très sûr de lui. Cela donne d'ailleurs lieu à de croustillants dialogues (LA révélation de l'album :D). Tout ce petit monde repart ensemble le lendemain pour Bélista. C'est dans cette cité,  dernière étape avant Astolia, qu'ils doivent se présenter au Superintendant, qui est chargé de trier quels enfants auront l'honneur d'être amenés devant l'Oracle. La nuit suivante, alors que tout le monde se repose en attendant d'être sélectionné, une ombre noire s'introduit dans les dortoirs, et s'attaque sans quartier à tous les enfants ! L'hospitalité des lieux semble pour le moins particulière ! Dans le sauve-qui-peut général, Ralph perd de nombreux amis, et s'échappe du château...

(c) Dupuis - Trondheim
N'en racontons pas plus pour ne pas gâcher quelques bonnes surprises ;)...

Dans ce second tome, les évènements prennent une tournure beaucoup plus sombre. Lewis Trondheim prend le lecteur à contre-pied, et paraît même prendre un malin plaisir à détruire tout ce qu'il a mis en place dans l'album précédent. On a parfois la sensation qu'il casse son nouveau jouet, comme pour nous narguer d'un "Ah je vous ai eus". Il se débarrasse de personnages clés en quelques cases, les combats et les scènes d'actions s'enchaînent, les têtes volent, les toits des châteaux aussi. Au final, des décombres semble naître un nouveau départ pour la série (déjà !). Ça y est, les choses sérieuses commencent !

(c) Dupuis - Trondheim
Je vous rassure, au milieu de tout ça, on retrouve les éléments clés du succès du premier: l'humour décalé, le détournement des codes de la fantasy (pouvoirs ringards, objets magiques en apparrence inutiles, etc). Et puis on se demande même jusqu'où Trondheim ira: il ose nous zigouiller des gamins, ou encore utiliser un bébé comme appât. Je me suis par moment interrogé si tout cela n'était pas fait exprès pour aller à l'encontre de l'esprit "bon enfant" du journal de Spirou, dans lequel, rappelons-le, cette série est pré-publiée... Mais je vois peut-être le mal et la subversivité partout. 

On peut peut-être aussi voir toutes ces morts violentes d'enfants, au nom d'un rituel de sélection, avec un oeil plus critique, et chercher un sens à tout cela. N'y-a-t-il pas tentative de nous livrer une parabole sur la fin de l'enfance, la perte de l'innocence, le passage à l'âge adulte ? Beaucoup de détails s'y rapportent, si on réfléchit bien. Les enfants qui doivent passer une sorte "d'examen" final; ceux qui sont vieillis prématurément de la main d'un adulte; cette sélection pour chercher une élite...  Sans trop tomber dans la sur-interprétation, on peut déceler qu'il a un thème récurrent...

(c) Dupuis - Trondheim
En tout cas, à l'image de son créateur sur cette série, Ralph est sans concession, et ne s'embarrasse (presque) pas avec les sentiments. Trondheim continue également d'entretenir un mystère autour du pouvoir caché de son (anti)héros, qui a la faculté de rallier à ses côtés les âmes des morts, le sortant parfois de certaines situations périlleuses. Il nous garde un biscuit sous le coude pour le tome 3 ;).

(c) Dupuis - Trondheim
Côté technique, j'ai trouvé l'album un chouilla en dessous du précédent par endroit, mais j'adore toujours autant l'univers dans lequel évolue notre pleutre canard. Et surtout, la mise en couleur est une fois encore excellente. Certains décors sont franchement réussis, et le bestiaire n'est pas en reste non plus.

Cette suite fourmille donc d'inventivité, mais elle peut parfois être déroutante. Le déroulement des évènements est probablement trop rapide par moment, mais du coup, jamais vous ne vous ennuierez. Tous ces savants artifices employés par l'auteur plongent le lecteur dans un univers où tout peut arriver, où des personnages importants sont dégagés de l'histoire sans ménage, mais aussi où un nouveau méchant intrigant et puissant fait son apparition.

Bien que Lewis Trondheim ait annoncé avoir terminé les 50 planches suivantes constituant le tome 3, il faudra attendre jusqu'en avril 2012 pour connaître la suite, et savoir si oui ou non l'auteur savait déjà où il allait dès le départ (ce second tome jette par moment le doute). Mais si vous êtes impatients, il vous reste les pages pré-oubliées dans le Journal de Spirou.

Note finale: 
Un second opus parfois confus, mais sans temps mort, qui recèle quelques surprises. L'univers de Ralph Azham s'étoffe, et le tome 3 sera certainement décisif pour savoir jusqu'où Lewis Trondheim compte nous emmener.


samedi 19 mars 2011

[Avis] Ralph Azham T.1 “Est-ce qu’on ment aux gens qu’on aime ?” de Trondheim aux éditions Dupuis

Récente (nouvelle) incursion de Trondheim dans l’heroic-fantasy, ce premier volume nous présente Ralph Azham, paria du village.
A la base prédestiné pour en être l’Elu, mais finalement recalé par l’Oracle, il est peu à peu devenu à la fois persona non grata, et tête de turc des villageois qui l’ont pris en grippe. Son pouvoir (bidon) n’y arrange rien: il peut définir le nombre de naissance à venir pour un couple o_O’.

Bien entendu, vous vous en doutez déjà, il s’agit du postulat de départ, et forcément, on ne va pas se contenter de ça (sinon la BD fait 5 pages).

En effet, dans ce même village, la menace gronde, l’ennemi approche: La Horde (ouh, tremblez !) est en marche. Il faut se préparer au pire.

Et si notre cher Ralph pouvait -finalement - s’avérer être plus utile qu’on ne le croyait ? (non, sans déc’ !)

Beaucoup de gens présentent cette nouvelle série comme étant “l’autre Donjon” de Trondheim. J’avoue ne pas saisir la comparaison. Oui ok, c’est aussi de l’heroïc-fantasy teintée d’humour, mais cela s’arrête là.


Pour le reste, c’est plus sérieux, l’histoire est mieux construite, il y a plus de fond (la relation père-fils), cela peut paraître moins fun (au premier abord, mais on finit par cerner l’humour du héros et il parvient à nous décrocher plus de sourires à mesure que l’histoire avance). On sent que dans cette série, Trondheim sait où il va avec son histoire, et c’est pourquoi cet album est bien rythmé.

J’ai donc fortement envie de vous le recommander, si vous aimez qu’on joue avec les codes de l’héroïc fantasy (ok ça aussi c’est un point commun avec Donjon). Et cerise sur le gâteau, le style de Trondheim est vraiment au top, certainement sublimé par la mise en couleur de sa femme, qui apporte un éclairage nouveau à son style, et contribue à créer le monde dans lequel notre héros évolue.

Cet opus se termine de plus sur un bon cliffhanger, et on attend maintenant avec impatience le mois de septembre 2011, si tout va bien (sinon, on achète Spirou, et on y lit la prépublication).

Une petite bande-annonce:



Pour en savoir plus: