mercredi 30 novembre 2011

[Projet] Une petite pause s'impose

Je souhaitais juste informer mes éventuels lecteurs de ne pas s'étonner s'il y a peu de mises à jours pendant quelques temps.

Il se trouve que mon projet vient de tomber à l'eau ce week-end. Au moment même où j'avais trouvé des financements, et alors que tout allait être OK grâce à l'obtention d'un prêt NACRE et des garanties qui vont avec, mon local a été loué à quelqu'un d'autre.

Cela s'est littéralement joué à quelques jours, puisque la propriétaire de ce local signe ce jeudi 1/12, jour où je passais devant un comité m'accordant les aides pour le montage de mon projet (et dont les banques attendaient le feu vert)...

Donc ces derniers jours, j'ai un peu de mal à venir ici faire quelques chroniques, sur ce blog qui est de celui de ma future boutique.

Ceci dit, cela ne sera que temporaire, j'ai encore du contenu d'avance non mis en ligne, mais là je dois me consacrer à la recherche d'un nouveau local en urgence.

Bien entendu, je me réserve le droit d'être totalement incohérent avec moi-même, et reprendre mes posts plus tôt que prévu si l'envie me revient...

A plus !

vendredi 25 novembre 2011

[Avis] Noé Tome 1 "Pour la Cruauté des Hommes" de Aronofsky, Handel et Henrichon aux éditions Le Lombard

Noé, descendant d'Adam, vit dans un monde désolé, aux terres arides et inhospitalières. La raréfaction des ressources y a exacerbé la barbarie enfouie au plus profond de l'Homme, et il serait bien temps qu'un châtiment arrive remette les choses en place. Noé souffre de visions, qui lui annoncent une grande catastrophe, sous la forme d'un déluge. Lui qui autrefois fut un Mage reconnu et influent, décide de tenter de prévenir ses congénères. Mais devant les railleries et la violence de ces derniers, il renonce à les sauver, persuadé que le but du Créateur est peut-être justement de les soumettre au jugement dernier... Noé se met en route pour le Mont Ararat, où il pourra se mettre à l'abri avec sa femme et ses enfants. De là bas, il pourra mettre en œuvre son choix: préserver les animaux. Mais pour rejoindre cet endroit, il doit traverser le domaine des Gardiens, ces géants qui ne portent guère l'Homme en leur coeur...

Pour la deuxième fois, après The Fountain, Darren Aronofsky, célèbre cinéaste, s'essaie à la BD. Cette fois-ci il nous en livre une à l'aspect très européen, aussi bien par le graphisme que par le découpage du dessinateur Niko Henrichon.

Noé est un album qui, à défaut d'être transcendant, se révèle d'une agréable lecture. Pour l'apprécier, il faut finalement s'intéresser à ce qu'Aronofsky tente de faire avec le mythe de Noé, qui est certainement un des personnages bibliques les plus connus, même pour les lecteurs athées et sans culture religieuse comme moi (cela m'a finalement certainement permis de mieux apprécier le scénario). On ne parle pas ici d'une adaptation littérale du mythe (encore heureux), mais plutôt d'une relecture de ce dernier.

(c) Aranofsky - Handel - Henrichon / Le Lombard
En lisant cet album, on subit un peu ce que j'appelle le syndrome Titanic, c'est à dire qu'on imagine un peu comment va se dérouler l'histoire. Donc, un peu à la manière du film de Cameron, c'est le chemin emprunté qui fait la différence. En l'occurrence, la transposition du mythe de Noé sur une Terre à la sauce médiévale-fantastique est assez réussie. On y trouve l'aspect grandiose à la fois dans le texte et dans les grandes cases faisant la part belle aux décors. Le clou est vraiment enfoncé par la qualité graphique de l'ensemble. Le trait d'Henrichon est superbe (par contre, pour parler purement de l'impression de l'ouvrage, on a le sentiment que la reproduction est parfois floue), sa mise en couleur l'est tout autant. Le monde qu'ont mis en place les auteurs parvient à faire oublier la dimension biblique de l'histoire, ce qui pour ma part est un critère de soulagement, car j'ai un peu de mal avec tout ce qui est religieux... Ceci dit, je trouve que le peu d'éléments bibliques qu'il reste, on aurait pu s'en passer. Car on croirait que l'on cherche à nous rappeler régulièrement qu'il s'agit bien de l'adaptation de l'histoire de Noé qu'on est en train de lire. Cela aurait tout aussi bien fonctionné en racontant l'histoire comme n'importe quelle autre, sans ces "panneaux de signalisation"... De toute manière, rien que le titre annonçait la couleur...

Autre aspect, dans l'air du temps: l'arrière-plan un peu écolo. L'histoire bénéficie d'une certaine résonnance contemporaine, en lien avec que ce l'Homme fait de sa planète, en épuisant la moindre de ses ressources. Heureusement, ce discours là n'est pas asséné lourdement, disons que c'est un petit plus qui apporte un peu de profondeur au propos, pour ceux qui en cherchent (bon et là, il ne fallait pas aller bien loin).

(c) Aranofsky - Handel - Henrichon / Le Lombard
En tout cas, la forte pagination de l'ensemble permet d'obtenir un premier tome bien construit, dont on a envie de connaître la suite, pour voir si finalement Aronofsky et Handel ne vont pas bifurquer un peu en cours de route, et prendre encore plus de liberté avec le mythe, histoire qu'on accroche un peu plus. J'ai beaucoup apprécié la dernière partie de l'album, qui me paraît être la plus inventive, avec une des plus belles séquences: la chute des anges sur Terre.

A noter pour l'anecdote que Noé était, jusqu'à il y a encore peu, une histoire que Darren Aronofsky projetait d'adapter au cinéma depuis un moment. Il avait semble-t-il choisit d'en faire une BD, faute de pouvoir en trouver le financement. Le Lombard a réalisé un bon coup en éditant cette BD (première mondiale en France, l'album ne sortant aux USA que l'année prochaine), et ils ont eu la chance côté timing, puisque début octobre, juste avant la parution de Noé chez nous, on a appris que la Paramount a signé un deal pour porter la BD à l'écran, avec un script repris sous la houlette de John Logan (Gladiator, Le Dernier Samouraï). Le but, apparemment, est de réaliser un film-catastrophe démesuré, à la "Roland Emmerich" (euh, bof la référence) dixit Aronofsky himself. En attendant, la BD s'étalera sur quatre albums, dont le dernier devrait paraître en 2014. Le film quant à lui, devrait entrer en production au printemps 2012, avec une sortie envisagée pour l'été 2013.


Pour terminer, une bande-annonce promo pour ce tome 1 de Noé:


Note finale:
Une relecture du mythe de Noé assez réussie, qui vaut pour le moment le détour surtout d'un point de vue graphique, le scénario ne devenant vraiment prenant que sur le dernier quart de l'album. Ceci dit, cela préfigure d'un second album intéressant si la suite reste de cet acabit.

mercredi 23 novembre 2011

[Humeur] Le générique d'Ulysse 31 réinterprété en live

Réalisée à partir du générique d'Ulysse 31 version anglaise, voici une petite vidéo sympathique pour ceux qui, comme moi, ont été marqués par ce dessin animé lorsqu'ils étaient petits...


On n'est d'accord, ça ne sert à rien, si ce n'est à faire passer 2mn30s à rien faire devant son PC, le tout saupoudré d'une pointe de nostalgie... Mais ça ne fait de mal à personne...

jeudi 17 novembre 2011

[Avis] Bludzee de Trondheim aux éditions Delcourt

Bludzee est un petit chat noir qui s'ennuie, seul dans un appartement. Son maître n'a pas réapparu depuis un bon moment, et le chaton regarde sa réserve de croquettes diminuer inexorablement. Pour passer le temps, il explore l'appartement, chasse les mouches, chatte sur Facebook... Mais lorsque son stock de nourriture tombe à zéro, il doit partir à l'aventure, en dehors de l'appartement. C'est là qu'il va apprendre de fil en aiguille que son maître est un tueur à gage, qui l'a enlevé à sa mère pour ses griffes d'une longueur sans commune mesure. En effet, il forme les chatons à devenir des véritables armes meurtrières, et Bludzee est gâté par la nature avec ses griffes qui tiennent plus de Wolverine que de Garfield. Désormais libre, le chaton veut échapper à son destin de tueur, et retrouver sa mère. Au cours de cette grande aventure, il va croiser le chemin de créatures hautes en couleur, grâce auxquelles il va découvrir que dans la vraie vie, c'est chacun pour soi...

(c) Trondheim - Delcourt
Me revoilà donc en train de chroniquer un album de Trondheim. On  va croire que je fais une fixette sur lui, ce qui je l'avoue, est un peu le cas. Je suis rarement déçu par ses oeuvres, donc tant que je gagne, je joue. Bludzee ne fera pas exception, j'ai tout simplement adoré. C'est purement le genre de BD dont on peut lire quelques strips à la volée quant on a un moment de libre. On est certain de se marrer, ou au pire, de sourire.

Pas évident ceci dit de le résumer, tellement cet ouvrage regorge d'inventivité. C'est un mélange assez détonnant d'humour absurde, de dessins mignons, et de séquences gores (j'ai parfois pensé à Happy Tree Friends pour le côté "mort stupide" de certains assassinats).

(c) Trondheim - Delcourt
Cela est certainement dû à sa genèse, un peu particulière. Bludzee est en fait à la base un projet de Trondheim qui consistait à faire paraître un strip de six cases tous les jours pendant un an, via une application pour smartphone. Du coup, on sent l'histoire évoluer au fil des jours, partant dans une direction, puis dans une autre, toujours avec une trame conductrice, mais visiblement au gré des envies de son géniteur, pour le plus grand bien des lecteurs. Jamais on ne s'ennuie, on se marre à chaque strip, et Trondheim réussit le véritable tour de force de nous livrer quand même une histoire qui tient très bien la route, avec 365 gags ! Très fort. Du coup, à 25€ l'album (ce qui peut paraître cher de prime abord), on en a vraiment pour son argent, car c'est assez long à lire et on passe un super moment. Les gags sont très bien sentis, et d'ailleurs ils transparaissent vraiment que Lewis Trondheim s'y connait en comportement félin. J'ai parfois cru qu'il s'était inspiré de mon chat pour les gags, mais je crois que surtout que tous les chats font le même genre de conneries, et ceux de Mr Trondheim probablement aussi...

Une petite bande-annonce:


J'ai cru comprendre qu'un projet d'animation a été envisagé un temps (peut-être l'est-il toujours d'ailleurs), et c'est vrai qu'on se surprend à penser que Bludzee correspondrait tout à fait au héros d'un format court. Au final, c'est Markus, un congénère chat-assassin qui a les honneurs. Un bon choix car c'est un des personnages les plus croustillants que croise Bludzee.

Voici le pilote réalisé à l'époque pour démarcher les producteurs (pour ma part, je trouve la BD plus drôle que ce dessin animé, mais l'esprit y est):



Note finale:
Un incontournable de Trondheim, qui plaira à tous les publics (bon ok, ce n'est pas pour les gamins), y compris à ceux qui ne sont pas forcément pas fans de l'auteur. Un moment de franche rigolade. On en redemande !

mardi 15 novembre 2011

[Avis] 12 Septembre tome 1 "Le Califat de Stockholm" de Seiter et Gabrielli aux éditions Glénat

Voici un album assez déconcertant... Après l'avoir refermé, je n'ai dans un premier temps pas su dire si j'avais aimé ou pas.

L'histoire débute quelques jours avant les évènements du 11 septembre 2011. Duncan Campbell, agent de la NSA, surveille un groupe de potentiels terroristes, menés par Ali Al-Kazim. Ils sont visiblement en train de préparer une opération importante. Duncan se fait malencontreusement repérer, et manque de mourir lorsqu'ils lui tirent dessus à coup de lance-roquette. Sa partenaire aura eu moins de chance que lui, en perdant la vie au cours de cette mission... Devant la stature des personnes impliquées dans l'affaire, l'enquête est reprise par la CIA, qui l'étouffe aussitôt pour ne pas froisser les susceptibilités de certaines puissances avec lesquelles les Etats-Unis entretiennent des rapports très (trop ?) étroits. Duncan, mis en vacances de force pour une période de six mois pour éviter qu'il ne fasse du remous, est persuadé d'avoir mis le nez dans une affaire de la plus haute importance. Il décide donc de mettre à profit ces "vacances" pour mener l'enquête en douce de son côté. Il reprend alors sa filature et de fil en aiguille se retrouve à bord d'un avion en compagnie de deux terroristes, dont d'Ali Al-Kazim... Et devinez la date de ce trajet en avion ? Je vous le donne en mille: un certain 11 septembre 2001...

[petit encart à ne lire que si vous souhaitez connaître la particularité du scénario de cet album, mais qui dévoile une grosse surprise]
Dans l'avion, le commandant de bord apprend en cours de vol que les Twin Towers de Manhattan ont été attaquées, et décide de l'annoncer à ses passagers. Duncan, dans un coup de nerf, s'en prend au terroriste qui accompagne Ali Al-Kazim, qui porte sur lui deux flacons de nitroglycérine. Cet explosif étant fortement instable, cela provoque ainsi une déflagration à bord, et l'avion s'abîme en mer. Par miracle, Duncan s'en sort, et lorsqu'il regagne la surface, il est recueilli par une galère française du quinzième siècle...
Sur le fond, cet album peut avoir du potentiel, car l'idée exploitée dans sa seconde moitié peut s'avérer payante par son originalité. Peut-être l'est-elle même un peu trop d'ailleurs, car cela m'a été difficile d'y adhérer. Je n'ai pourtant pas d'a priori, d'autant que cela rappelle Lost, dont je fus fan (jusqu'à ce que j'en vois la fin). Et puis d'ordinaire j'aime bien les trucs à base d'uchronie. Peut-être cela vient-il du trop fort contraste avec la partie espionnage du début d'album...

(c) Seiter / Gabrielli - Glénat

Sur la forme, j'ai eu beaucoup de mal avec certaines planches. Très honnêtement, la première est tout particulièrement horrible, au point qu'elle pourrait faire refermer l'album. Les suivantes ne sont pas formidables non plus. Le problème ne vient pas des personnages (à ce propos d'ailleurs, Ali Al-Kazim a des airs prononcés de Saïd, de Lost), qui sont correctement dessinés, mais des décors, parfois ratés (Manhattan à l'horizon, par exemple). Heureusement, cela progresse énormément passé le premier tiers de l'album, comme si l'auteur devenait plus à l'aise.

Ensuite, le scénario est un peu exposé façon "old school"; beaucoup d'encarts expliquent ce qu'il se passe dans la case. C'est parfois agaçant car on a l'impression d'être pris par la main par le scénariste, comme si on n'était pas capable de comprendre l'histoire, mais bon c'est une façon de faire que certains lecteurs apprécient. De toute façon, petit à petit on s'habitue et certaines de ces cases apportent même finalement des informations que ne véhiculeraient pas forcément les dessins. Il y a aussi quelques points qui m'ont chagriné dans cet album, notamment au début, lorsqu'un terroriste peut tirer tranquillement au lance roquette sur une embarcation, sans qu'on vienne l'ennuyer. Ok certes la CIA a du pouvoir, mais quand même... De plus, le héros survit donc une première fois à ce tir de roquette, et plus tard dans l'album, il s'en sort lorsque son avion s'écrase en plein milieu de l'océan, après une explosion (ou bien est-il vraiment vivant ? ah ah ?...). Bon, on a vu bien pire dans mon nombre d'histoires du même genre, mais quand même !

Impossible en tout cas de porter un jugement final sur la base de ce premier tome, seul le second pourra confirmer si le coup tenté par les auteurs est payant ou non. Pour l'instant, mon avis est mitigé...

Note finale:
Un album qui commence comme un thriller d'espionnage, et qui se termine en aventure historique, comme est-ce possible ? Un pari osé. Mais pourquoi pas ?

lundi 14 novembre 2011

[Humeur] La Terre comme vous ne l'avez jamais vue


Je partage une petite news futile, mais qui plaira aux amateurs de SF, qui cachent au fond d'eux une âme d'astronaute refoulé...

Il s'agit d'une vidéo réalisée à partir de photos prises à la manière d'un time-lapse, et assemblées en une magnifique séquence. 

Le résultat est tellement incroyable qu'on jurerait que c'est faux. On y voit aussi à quel point l'Homme a modifié l'aspect de la surface terrestre, avec toutes ces lumières... Et puis ces aurores boréales ! Superbes !

Voici la vidéo (à voir en HD sur viméo)



Source via Korben

[Série TV] Terra Nova Episode 5 "The Runaway"

Petit soubresaut de la série, avec un épisode légèrement au-dessus des précédents.

Cette fois-ci, la famille Shannon accueille la petite Leah, qui s'est enfuie de chez les Sixers car elle ne supportait plus la façon dont elle y était traitée. Le commandant Taylor, au-delà d'une fillette craintive, perçoit tout de suite le potentiel de la petite en terme de renseignements sur les Sixers, et confie donc aux Shannon la mission de l'amadouer en lui réservant un accueil chaleureux à Terra Nova.

[attention, la suite contient des révélations]

Petit soubresaut, certes, mais de courte durée. Une fois encore, l'intrigue est cousue de fil blanc, et on devine très vite les différents twists que nous réservent les scénaristes. Ceci dit, l'épisode est mieux rythmé, et on s'y ennuie moins que dans les deux précédents. C'est déjà ça.

De plus, cette fois-ci on a le droit à une histoire qui s'inscrit totalement dans la mythologie mise en place par le pilote, avec le vrai retour des fameux Sixers, dont on perçoit qu'ils ne sont pas foncièrement mauvais (mais ça aussi, à la limite, on s'en doute). Et cet épisode ajoute également un élément de mystère avec la drôle de boîte qui appartient à Mira, et que la petite était chargée de récupérer. Son origine est clairement incertaine, et on espère que la série va se centrer un peu plus sur ce genre d'éléments par la suite.

Ce qui est dispensable, par contre, c'est le débordement de bons sentiments auquel on a le droit, par moment, c'est un peu l'overdose. Je comprends que c'est pour coller aux intentions familiales du show, mais pour le moment cela lui nuit plutôt qu'autre chose... 

Pour terminer, autre piste que les scénaristes développent également, il est intéressant également de voir que visiblement les Sixers parviennent à communiquer avec le futur...

Bref, je continue la série pour le moment, en espérant toujours qu'elle prenne son envol. Bon et puis ça serait bien aussi qu'on voit les dinos un peu plus souvent !