samedi 29 octobre 2011

[Série TV] Terra Nova Episode 4 "What remains"

Sans nouvelle d'un avant-poste scientifique depuis quelques temps, le commandant Taylor emmène Elisabeth avec lui pour mener l'investigation. Sur place, ils découvrent que le personnel a été victime d'un virus très contagieux, provoquant une amnésie, qui s'aggrave à mesure que les heures passent... Lorsqu'à leur tour ils ne donnent plus signe de vie, Jim part avec Malcom à la recherche de sa femme...

Quatrième épisode, et l'encéphalogramme se fait encore plus plat. C'est incompréhensible: les scénaristiques enchaînent avec un second loner, ou comment se tirer une balle dans le pied. Il faut attendre la fin de l'épisode, pour voir quelques minutes qui renouent avec le fil conducteur amorcé dans le pilote (enfin la réapparition des Sixers !). Tout ce qui se passe avant ces dernières images est vraiment mauvais. Le coup du virus (ou par extension de la petite bête qui contamine), c'est un des plus gros clichés de ce type de série (X-Files, Fringe, pour ne citer que ce qui me vient en tête). Le problème c'est qu'on devine toute la trame de l'épisode à l'avance. C'est pénible. Du coup, ça traîne en longueur, on s'ennuie ferme, et on a le temps de prêter attention aux décors, horribles dans cet épisode (oh le bel avant-poste en carton-pâte !).

Bref, il va falloir que la série se ressaisisse rapidement, et visiblement, les spectateurs américains doivent penser la même chose lorsqu'on voit les producteurs sortir de leur trou, et annoncer que bientôt, il va se passer quelque chose, que la série va trouver son rythme. Une manière cachée de dire "restez les gars, la fête n'est pas encore commencée". Le problème, c'est que d'après ces mêmes producteurs, ce changement de cap est prévu pour la seconde moitié de la saison... En attendant, on risque de trouver le temps long. Si encore les personnages étaient attachants ! Mais non, au lieu de ça, on enchaîne les moments "grand public", avec les petites amourettes adolescentes de deux enfants de Jim... Arglll.

Pour finir, une bande-annonce malgré tout:

vendredi 28 octobre 2011

[Série TV] American Horror Story S01E03

Ah ! Ça fait plaisir ! J'ai regardé cette semaine l'épisode 3 de cette nouvelle série, grand bien m'a pris ! Le niveau monte d'un cran.

Dans cet épisode, Vivien et Ben tentent de se remettre de leurs émotions, après l'attaque de leur maison par des copycats fanatiques, en adoration devant le passé monstrueux de la demeure. Le couple souhaite désormais la revendre, mais malheureusement la crise immobilière conjuguée à l'image sulfureuse du manoir dans le quartier font qu'il va être difficile de s'en débarrasser. En attendant, Ben essaie de trouver de nouveaux patients, mais il n'est plus trop à ce qu'il fait, son comportement devient réellement étrange, et il souffre de moments d'absence. La police s'intéresse de plus à lui dans le cadre de la disparition d'une femme qui l'a consulté. Comme si tout cela ne suffisait pas, voilà que sa maîtresse débarque, pour lui annoncer qu'elle est toujours enceinte. Pour parfaire le tableau, sa relation avec Moira la servante s'envenime, lui qui continue de la voir comme une bombe en soubrette, alors que Vivien la voit comme elle est réellement: une femme qui a perdu de sa fraîcheur, dira-t-on. Benjamin semble pris dans une spirale infernale, qui le pousse dans ses derniers retranchements. Comment va-t-il surmonter tout cela ?

L'épisode est réussi à tous les niveaux. J'ai adoré la séquence d'introduction, efficace, qui ajoute du mystère supplémentaire à la mythologie de la série. On en apprend beaucoup sur Constance et Moira, deux des personnages les plus intéressants et énigmatiques. J'ai beaucoup aimé le déroulement de l'épisode, déstructuré en apparence. On fête aussi le retour de scènes glauques ou dérangeantes, à l'image de celle où [attention spoiler] Vivien semble faire une fausse-couche [fin spoiler]. On a aussi le droit à l'apparition d'un fantôme supplémentaire, non sans un clin d'oeil à Sixième Sens d'ailleurs ;). Et au-delà de l'introduction, on a le droit à un intéressant flashback qui en  dévoile un peu plus sur l'origine de la maison. Cette dernière a décidément été le théâtre d'un véritable festival d'horreurs.

Le personnage de Ben prend beaucoup d'épaisseur dans cet épisode, et on aurait presque pitié de sa situation, qui sombre petit à petit dans les abîmes, au fil des semaines... La trame de la série se fait de plus en plus consistante, mystérieuse. Les scénaristes ont compris que c'est le meilleur moyen de fidéliser le spectateur, et de le rendre accro.

Si cela continue sur cette lancée, American Horror Story pourrait devenir une excellente série. Elle est en train de trouver ses marques, d'imposer un ton original, et j'ai maintenant hâte de voir la suite.. Je patienterai certainement deux semaines, puisque les deux prochains épisodes forment une seule histoire, avec pour titre Halloween... C'est de circonstance...

Pour finir, pour ceux qui n'y ont toujours pas goûté, une petite vidéo promo qui met un peu dans l'ambiance...

jeudi 27 octobre 2011

[Avis] Tokyo, Fin d'Un Monde Tome 3 de Noujou aux éd. Delcourt


Malgré la déception du second tome, et puisque cette série se termine avec le troisième, j'ai donc poursuivi la lecture jusqu'au bout. Je ne vais pas trop m'étendre sur ce dernier volume, car le résultat final est encore en-dessous du précédent. Et comme je suis d'humeur paresseuse, pour le résumé du tome 3, je vais me contenter de celui fourni par l'éditeur:

Taro Saegusa, le chef de Miho Omori, a donné rendez-vous à celle-ci dans la tour de Tokyo, le jour de la Saint-Valentin, qui s’avère être également le jour de la mort de la jeune femme. Tombé amoureux d’elle, Saegusa tente de faire machine arrière et de protéger celle qui l’aime. Et tandis que Miho se précipite vers le lieu du rendez-vous fatal, Oda tente d’alerter les habitants d’un séisme qui menace la ville…

Ce dernier volume m'a perdu en route, on se demande même s'il n'a pas perdu son auteur également. C'est encore plus confus que le précédent, on le droit à des flashbacks, des flashforwards, mais qui tombent à chaque fois comme des cheveux sur la soupe. Il n'y a pas toujours moyen de distinguer clairement les changements d'époque, et c'est assez pénible. Cela rappelle parfois Lost, avec ces destins entremêlés, qui convergent tous vers un même évènement.


En plus d'être confus, certaines séquences sont agaçantes, par leur côté complètement ridicule. Le summum est atteint lorsque d'une séquence censée expliquer le voyage dans le temps. Pour cela, il suffit de plonger de très haut dans le vide, pour que le corps atteigne la vitesse de la lumière, et paf, le tour est joué... L'auteur aurait vraiment dû s'abstenir de tenter d'inventer un jargon scientifique à 2 francs 30 centimes. On a souvent l'impression d'un grand n'importe quoi, comme s'il essayait de rassembler à la va-vite les pièces du puzzle de son scénario (sauf que certains pièces ne s'imbriquent pas).

Tout cela montre que maîtriser les histoires de voyage dans le temps, ce n'est pas donné à tout le monde. C'est un vrai sujet casse-gueule, et sans rigueur, on va droit dans le mur. C'est d'autant plus dommage que la trame globale du scénario aurait pu avoir un résultat sympa, exploitée de manière plus cohérente. Cette histoire d'homme du futur, qui retourne inlassablement dans le passé, façon Un Jour Sans Fin, pour tenter de sauver celle qu'il aime était, à la base bien trouvée...

Note finale:
Une série qui est partie en vrille, et dont l'auteur n'a pas réussit à redresser le cap. Peut-être que vouloir faire tenir un récit trop dense pour trois tomes aura été un facteur aggravant. Le résultat ne vaut en tout cas pas la peine de se lancer dans l'aventure.

mardi 25 octobre 2011

[Série TV] Terra Nova Episode 3 "Instinct"

La famille Robinson Shannon prend ses marques à Terra Nova, la vie s'organise. Mais voilà, un dinosaure habituel fait son apparition, une sorte de mini-ptérodactyle (un ptérosaure) inconnu jusqu'ici. Et pas de chance, il est du genre agressif. Lorsqu'une patrouille tombe sur un groupe de quelques spécimens, "l'oiseau" va démontrer qu'il vaut mieux ne pas trop l'approcher... Sous peine d'y laisser sa peau.

Avec ce second épisode (techniquement le troisième, puisque le pilote était en deux parties), la série prend déjà un virage scénaristique par rapport au premier. En effet, on a le droit à un épisode "loner" (qui ne nécessite pas foncièrement d'avoir vu les autres), et c'est assez surprenant. C'est une technique classique dans les séries, qui permet de fédérer de nouveaux spectacteurs (il est parfois difficile de rentrer dans une série en cours), et surtout qui permet de faire durer une série, en étalant son histoire au fil de la saison... C'est un format qui avait laissé place ces dernières années aux purs feuilletons, avec une histoire à suivre d'épisode en épisode (exemple type: 24). Mais les producteurs en réclament de plus en plus le retour, semble-t-il (encore une belle ânerie !), comme ce fut le cas avec Fringe, qui a vite mis en place aussi ce type d'épisodes dès la saison 2 (au point de lorgner du coup encore plus sur X-Files, à mon humble avis).

En soit, l'épisode se regarde, l'histoire est honnête, même si elle fleure bon le remake des Oiseaux d'Hitchcock, les corbeaux remplacés par des ptérodactyles ptérosaures. Côté effet spéciaux, ça se tient mieux je trouve, le défi était moins important reconnaissons-le, et de plus l'emploi de bestioles en plastique pour les plans rapprochés rend mieux à l'écran. Malgré tout, cela n'est juste pas digne d'un second épisode, après un pilote qui a tenté de mettre en place une mythologie pour la série.

A ce rythme là, la frustration va vite naître chez le spectateur, qui aurait certainement préféré que pour le démarrage de la série, les scénaristes mettent en place 5 ou 6 épisodes d'affilée pour poser des bases solides. Il était toujours temps de faire du remplissage un peu plus tard dans la saison...

Allez, une petite bande-annonce (VO) quand même...

[Avis] Lupus volume 1 de Peeters, aux éd. Atrabile

En BD, la SF est un genre plutôt bien représenté. Cependant, il est assez difficile de discerner les pépites qui se terrent dans les rayonnages des libraires. Quand en plus, ces pépites ne sont pas issues des catalogues des "grands" éditeurs, statistiquement, c'est encore plus dur de mettre la main dessus.

C'est donc par hasard que je suis tombé sur Lupus, de Frederik Peeters, aux éditions Atrabille. Je mets son prénom, car son nom est aussi celui d'un autre grand nom de la BD, avec lequel il n'a -que je sache- aucun lien de parenté. J'ai un peu honte de ne découvrir que maintenant cet auteur (j'ai aussi Koma à lire de lui), visiblement déjà bien reconnu dans le milieu. Mais bon, comme le dit l'adage, "mieux vaut tard..."

Je viens donc de lire le premier tome de Lupus, et pour faire simple j'ai adoré. Déjà, rien que la classe de la couverture, toute en sobriété, me mettait en bonne condition. Difficile ensuite de vous faire un résumé de l'histoire. Elle n'est pas compliquée du tout, mais la résumer serait la rendre banale, alors qu'en fait j'ai trouvé cela très original. Mais je vais quand même m'y essayer.

En gros, on y découvre deux amis de longue date, Lupus et Tony, à bord de la vieille gimbarde qu'ils se sont payée pour vadrouiller aux quatre coins de l'Espace. Tous les deux à un tournant de leur vie (Lupus a fraîchement fini ses études, et Tony vient de se faire virer de l'Armée), ils s'octroient un peu de fun avant de passer à des choses plus sérieuses. Pour cela, ils pratiquent une sorte de pêche au gros interstellaire. Ca les occupe la journée, et le reste du temps ils écument les bars et les dealers de came. Amateurs de défonce, ils s'essaient à toutes sortes de spécialités locales, peu recommandables pour la plupart.. Mais derrière l'apparente insouciance de nos compères, se cachent des fêlures profondes, que les psychotropes n'enfouissent pas suffisamment. Pour les faire remonter à la surface, rien de tel qu'une présence féminine (*sifflote* :P). On n'a pas encore trouvé mieux pour fragiliser l'union de deux grands potes. Et celle qu'ils ont rencontrée dans un bar paumé ne va déroger à la règle, en apportant avec elle son lot d'ennuis... Et le genre d'ennui qui vous colle un bon coup de pied au cul, et qui bouleverse le cours de votre vie...

(c) Atrabille - Peeters
Voilà donc un pitch peu commun pour le SF, et c'est là toute la force de cette BD. D'emblée on est séduit par ce duo potache, par les vannes qu'ils s'envoient, par la mauvaise humeur de l'un, contrebalancée par le caractère posé de l'autre. Il y a une alchimie entre les personnages, dont Peeters a vraiment trouvé les ingrédients. Au-dela de l'amusement provoqué par les situations, l'album pose de vraies questions sur l'amitié entre deux potes, et des limites de celles-ci. Les préoccupations des personnages sont finalement très existentielles, et pas si futiles que leur comportement pouvait le laisser penser.

(c) Atrabille - Peeters
Sur un peu plus de 90 planches, Peeters prend le temps de développer son histoire, à un rythme tranquille, parfois contemplatif. Il parvient à fournir un premier tome d'introduction réussi, à tous les niveaux, car graphiquement également c'est superbe, tout habillé d'un dessin noir et blanc léché, diamétralement à l'opposé de ce qu'on trouve habituellement en SF. Et c'est d'ailleurs ce style qui fait prendre une mayonnaise au goût unique. C'est la première BD de SF que j'ai entre les mains qui se classerait dans un genre plutôt "indépendant", même si cela ne veut pas dire grand chose...

(c) Atrabille - Peeters

Note finale:
Avec cet album, Peeters utilise la SF comme prétexte, et non comme finalité, et c'est souvent ainsi que le genre en ressort grandit. Un road-movie de l'espace, au cours duquel on découvrira certainement comment Lupus va prendre sa vie en main...

lundi 24 octobre 2011

[Série TV] Terra Nova Episodes 1 & 2 "Genesis"


Terra Nova était la grosse série attendue de cette rentrée, et comme c'est une série de pure SF, je ne pouvais passer à côté. Produite, entre autres, par Steven Spielberg, elle a su créer une attente, qu'il sera certainement peu aisé de combler.

Le pitch de base, c'est en gros "Lost rencontre Jurassic Park et Avatar". C'est ultra-réducteur, mais ça vous donne une idée.

Mais pour être plus précis, l'histoire nous emmène en 2147, dans un futur où la Terre est mal en point. A force de pollution, l'oxygène s'est raréfié, et alors que la planète se meurt lentement, l'humanité cherche à sauver sa peau. Dans ce monde peu joyeux vit la famille Shannon qui va être le centre de la série. Elle est composée de Jim (le flic), Elizabeth (la scientifique) et leurs enfants Josh, Maddy et Zoe. On note qu'ils ont trois enfants, et c'est là leur premier soucis, car la petite dernière n'aurait théoriquement pas dû voir le jour. En effet, le contrôle des naissances impose de n'avoir que deux enfants maximum, pour lutter contre la sur-population. Lors d'un contrôle de routine, leur supercherie est découverte, et dans l'emportement de la situation, Jim s'en prend aux policiers qui le contrôlent, afin qu'ils laissent sa fille tranquille. Il est alors arrêté et jeté en prison. On le retrouve six ans plus tard, à l'occasion d'une visite dans la cellule où il croupit. Elizabeth est venue lui annoncer de se tenir prêt. Elle a trouvé une solution pour offrir un nouveau départ à toute la famille. Elle a été sélectionnée, avec seulement deux de ses enfants, pour participer au projet Terra Nova: on va l'envoyer 85 millions d'années dans le passé, par le biais d'une faille temporelle qui a été découverte, à une époque où la Terre est encore vierge de présence humaine. Vierge, mais dominée par les dinosaures... Avant de quitter son mari, elle lui confie le moyen de s'évader de prison, avec pour mission de faire en sorte qu'il se joigne au voyage, avec leur fille...

La bande-annonce (sous-titrée en français)


Pour cet épisode pilote, on nous sort le grand jeu, à coup d'action et d'effets spéciaux (on parle de 15 m$ de budget). Pour ma part, j'ai trouvé ça un peu cheap la plupart du temps: décors en carton-pâte, CGI pas forcément réussis (il ne suffit pas de piquer le visuel de Blade Runner pour que cela soit bien), les dinosaures ne sont pas toujours super bien intégrés... On se demande où passe l'argent !

Au niveau casting, ce n'est trop mal, hormis pour l'instant l'acteur qui joue le héros, et qui a le charisme d'une huître. Heureusement, le niveau est relevé par l'excellent Stephan Lang (que les fans d'Avatar connaissent), même si son rôle de colonel rappelle fortement celui d'un film avec des bonshommes bleus et qui a cartonné il n'y a pas si longtemps (un indice: il ne s'agit pas du film des Schtroumpfs). 

Pour le moment, on a affaire à un début de série correct, mais pas extraordinaire, un peu plombé par des personnages ultra-stéréotypés, qui se croient un peu trop en colonie de vacance. Et puis les séquences typiquement spielbergiennes pleines de bon sentiment, ça va cinq minutes...

Malgré tout, il a quelques éléments disséminés ça et là qui éveillent la curiosité, et si la série s'oriente là-dessus, ça pourrait devenir sympathique. Notamment le groupe de rebelles qui se font appeler les Autres Sixers, et aussi des inscriptions étranges découvertes sur des roches...

On mettra donc le manque d'originalité de ce pilote sur le compte du besoin de ratisser large. Il faudra cependant veiller à ne pas trop oublier les fans de SF par la suite, car les dinosaures ne suffiront pas sur la durée pour retenir les spectateurs devant leur écran au fil des semaines... D'ailleurs, pour l'instant la série perd plus ou moins 400000 spectateurs par semaine... Mauvais signe pour une série qui coûte 4 m$ par épisode !

vendredi 21 octobre 2011

[Avis] Homunculus Tome 1 de Yamamoto aux éd. Tonkam

Les premières pages nous présentent Susumu Nakoshi, un jeune homme qui sous l'apparence d'un bon salary-man (les cols blancs japonais) s'avère en fait être SDF. Vêtu d'un joli costume, il dénote un peu de ses compères sans-abris, avec lesquels il partage timidement quelques repas. On comprend vite à ses manières que cette situation est toute récente pour lui, et qu'il ne se considère pas encore comme l'un des leurs. On sentirait même un peu de mépris poindre à leur égard. En attendant des jours meilleurs, il loge dans sa voiture, qu'il bichonne, et qui le maintient accroché à son ancienne vie. Il y tient plus que tout, et tous les jours, il s'octroie un petit moment d'évasion en faisant un tour à son bord, bien que sa jauge d'essence baisse dangereusement.

(c) Tonkam - Yamamoto
Sa petite vie précaire est perturbée par l'arrivée d'un personnage étrange, Manabu Ito, au look pour le moins particulier. Ce dernier, jeune étudiant en médecine, fait en quelque sorte une proposition indécente à notre clochard en devenir. Il lui donnera 700000 yen, à condition qu'il se prête à une expérience médicale d'un genre peu ragoûtant: cet argent, il l'obtiendra s'il accepte de se faire trépaner !

Sa première réaction est évidemment de refuser, mais finalement, lorsque sa voiture chérie est emmenée par la fourrière, et compte-tenu de la somme qu'il faudra débourser la récupérer, l'idée d'accepter la trépanation fait son chemin. C'est ainsi que, tombant à nouveau sur le jeune apprenti-sorcier, il se lance dans l'aventure. En apprenant que la trépanation peut potentiellement développer chez lui des facultés extra-sensorielles, sa curiosité s'en retrouve presque émoustillée...

Alors disons-le tout de suite, ce manga ne plaira pas à tout le monde. Il est d'un genre très très particulier. Amateurs d'action à tout va, ou de supers pouvoirs, passez votre chemin (quoique, d'une certain point de vue :P). Ici, tout est question d'ambiance. L'auteur réussit le tour de force de vous captiver, alors qu'objectivement il se passe très peu de chose dans ce premier tome. L'action est diluée, mais le mystère autour des personnages, de leurs motivations fait le reste. Et puis quoi de plus glauque que la trépanation comme sujet, franchement ?

Le récit est très bien développé, avec intelligence, c'est réglé comme une horloge. Il avance lentement mais sûrement, et on enchaîne les pages, guettant les prémices d'une modification du comportement de notre héros fraîchement trépané. Yamamoto a pris aussi le temps de soigner la psychologie de ses personnages, c'est vraiment très crédible. On sent que l'auteur a travaillé son sujet, et il distille méthodiquement un tas d'informations au fil de son histoire, et y incorpore quelques discrets éléments de psychanalyse (le personnage principal qui dort en position foetale, qui suce son pouce...). Tout ceci concorde à rendre le scénario solide, et original. Ce rythme lent prépare mine de rien à la séquence finale, très particulière, sur laquelle s'achève un premier tome qu'on a hâte d'enchaîner avec le second (j'ai donc commandé d'avance les deux suivants :D). Lorsqu'on referme le manga, on se pose EXACTEMENT la même chose que le héros "mais qu'est-ce qui s'est passé ?".

(c) Tonkam - Yamamoto
Côté dessin, c'est réussi. Le style est peu commun, adulte, et donc totalement raccord avec le scénario, lui-même assez réaliste et adulte également. Le découpage est aussi différent de ce à quoi on est habitué dans le manga, très simple et classique, et c'est un élément supplémentaire qui contribue à créer l'atmosphère spéciale de cette histoire.

En résumé, il n'y a rien à jeter dans ce premier tome qui, même s'il déconcertera pas mal de lecteurs, vaut vraiment la peine d'être découvert, pour peu que l'on aime les histoires bizarres.

Note finale:
Un premier tome très réussi, qui nous fait découvrir une histoire étrange, qui ne ressemble à rien d'autre, et qui pourrait donner suite à une série vraiment intéressante.

jeudi 20 octobre 2011

[Série TV] American Horror Story S01E02

Une imagerie toujours un peu dérangeante
Ayant envie de savoir si les producteurs d'American Horror Story allaient transformer l'essai après un premier épisode sympa sans être non plus transcendant, je me suis plongé dans le second épisode de la série.

On retrouve exactement le même schéma que pour le pilote: une séquence d'introduction (beaucoup moins réussie que dans le premier, d'ailleurs) dans le passé, qui nous montre un autre massacre ayant pris place dans ce qu'il conviendrait d'appeler la maison des horreurs. Le reste de l'épisode suit à nouveau les problèmes de couple des personnages principaux. La différence, c'est qu'il apparaît clairement que le réel personnage principal de la série, c'est la maison. 

Pendant toute la première moitié de l'épisode, il ne se passe pas grand chose, les scénaristes posent l'ambiance. Le mystère s'épaissit autour du comportement de la perfide voisine Constance. Tate, le patient psychopathe ne semble pas aller mieux... Dans toute la seconde partie, c'est complètement l'inverse. Ben, Vivien et Violet sont de nouveau rattrapés par les horreurs commises dans la demeure par le passé, et le récit fait alors place à de l'action façon slasher movie... Décidément, l'achat de cette bâtisse n'était pas l'affaire du siècle... Et lorsque des copycats s'en mêlent... ;)

Une petite bande-annonce pour se mettre en condition:
 

Que complotent Constance et Moira ?
En regardant cette seconde fournée d'American Horror Story, je n'ai pas pu m'empêcher de me dire que la maison est littéralement un "aimant à tarés". Que ce soit les anciens résidents, les nouveaux résidents  Vivien et Benjamin et leur fille , les voisins, les patients, les ami(e)s de Violet, et même les gens "de passage", tous ceux qui entrent dans la maison ont un squelette caché dans le placard (littéralement, ou pas). Ajoutons à ça la force obscure qui hante les lieux, et on obtient une belle brochette de désaxés. Pour ma part, il y a longtemps que j'aurais déguerpi...


[pour cet encart, il est conseillé d'avoir vu la série]

J'ai quand même aimé dans cet épisode les pistes lancées: 
- la mère qui est enceinte, et dont je ne serais pas surpris qu'on nous ponde une resucée de Rosemary's Baby avec son bébé
- le trio Constance la voisine / Tate le patient psychopathe / Moira la femme de ménage qui semble plus lié qu'il n'en a l'air
- l'homme défiguré qui revient une nouvelle fois avertir Benjamin de danger du manoir
- la voisine qui a l'air d'être une vraie "bitch", que ce soit en tant que femme ou en tant que mère (voir comment elle traite sa fille)
- les Harmon qui se décident enfin à vouloir vendre la maison (c'est bien d'ailleurs que les scénaristes placent cela dès le second épisode, c'est plus plausible que de nous le coller au dixième)

Ouh qu'il est vilain ! Il n'est -forcément- pas clair
Donc voilà, ça poursuit son petit bonhomme de chemin, mais encore une fois, il manque la petite étincelle pour en faire une grande série. Gageons que cela va venir avec la suite, car, au risque de me répéter, je reste persuadé qu'il y a du potentiel. Mais il va falloir qu'il se révèle un peu plus rapidement, sans quoi on risque encore de se retrouver avec une série annulée au bout de quelques épisodes (ou d'une saison si on a de la "chance"). Et puis il y a au moins un aspect que je trouve très réussi, c'est ce ton glauque et dérangeant employé par les auteurs. Pour une fois, on a le droit à une série qui assume ne pas être tout public. Dernier point très positif: la réalisation soignée de la série jusqu'ici. Pourvu que ça dure !

PS: on dirait bien que les touches 9 et 1 du téléphone vont vite s'user dans cette maison... Je ne sais pas combien de fois ils peuvent composer le 911, mais à la place des flics, j'en aurais marre :D. Pas moyen de finir son donut tranquille là-dedans !

mercredi 19 octobre 2011

[Avis] Tokyo, Fin d'Un Monde Tome 2 de Noujou aux éd. Delcourt

Je vous avais parlé, il y a un moment de cela, de cette mini série qui débutait aux éditions Delcourt. Elle est depuis terminé, et voici donc un petite chronique rapide du tome 2.

L'histoire reprend exactement là où on l'avait laissée. Miho Omori attend un coup de fil, censé la fixer sur son sort. Dans le précédent opus, elle avait appris sa mort prochaine par un homme venant du futur, Yuma Oda, sur lequel elle avait enquêté avec Taro Saegusa, son chef au sein du Somushô (sorte de division Fringe / X-Files). Dans le futur, il a été établi que sa mort découlera d'un appel anonyme sur son téléphone mobile, elle doit donc tenter d'identifier qui se cache derrière, pour que son assassinat soit déjoué.

Sur le principe, la trame de l'histoire est intéressante. Dans la pratique, c'est confus. Le lecteur est un peu perdu par les flashbacks qu'on ne distingue pas du premier coup d'oeil, faisait perdre le fil du récit. Le rôle de Taro Saesuga est dur à cerner, mais c'est volontaire j'imagine, car son destin n'est pas très clair concernant son interaction future avec Miho Omori. C'est donc finalement presque l'inverse du précédent volume, dans lequel tout avançait trop vite, trop facilement. Cette fois-ci, on a l'impression d'assembler peu à peu un puzzle, mais tout en découvrant que l'image qu'il forme n'a pas l'air si formidable.

Paradoxalement, on retrouve quand même un des défauts du précédent épisode, à savoir les nombreuses facilités prises à certains niveaux du scénario. Par exemple, on apprend que dans le futur, il suffit d'utiliser une équation, et hop on vole ! Je comprends le parti pris de l'auteur de ne pas chercher à faire une histoire réaliste et plausible, car son sujet c'est l'amour, mais dans ce cas, il aurait été plus judicieux de dire que les humains du futur ont développé telle ou telle capacité, sans chercher des explications fumeuses pour les justifier.

Côté dessin, par contre, c'est superbe. Je ne connais pas les autres oeuvres de l'auteur (il n'a fait l'objet que d'une autre tentative de publication -avortée- en France), mais je pense qu'en le faisant collaborer avec un bon scénariste, on obtiendrait une très bonne série, car graphiquement le niveau est là. Un style très réaliste et maîtrisé, des décors superbes et soignés. C'est dommage que cela ne soit pas exploité pour une meilleure histoire...

(c] Delcourt - Noujou
Cette suite est donc décevante. Elle augure d'un troisième tome risqué: ça passera ou ça cassera. Il faut dire que le sujet est casse-gueule, et même si ici il n'est qu'un prétexte pour nous présenter une histoire romantique, c'est malgré tout dommage de ne pas l'avoir développé plus sérieusement.

Note finale:
Après un premier tome introductif pas extrêmement captivant, ce second opus devient confus. La fin dans le tome 3 relèvera-t-elle le niveau ?

lundi 17 octobre 2011

[Avis] Le Complexe du Chimpanzé T.3 "Civilisation" de Marazano & Ponzio aux éd. Dargaud

Après le tome 2 qui m'avait bien plu, j'ai pu terminer cette série avec le troisième (et dernier) opus.

On retrouve donc nos héros là où on les avait abandonnés à la fin du précédent épisode: à la dérive dans l'Espace. Perdus dans le système solaire, ceux-ci se sont placés dans leurs caissons de cryogénisation, en attendant des jours meilleurs... Le récit reprend au moment où Hélène Freeman sort d'hibernation, et découvre que la plupart de ses compagnons n'ont pas survécu. Accompagnée d'Aleksa, elle se met en quête d'une explication à leur situation. Soixante-dix années se sont écoulées, et toujours aucune trace de la Terre. Malgré tout, Hélène a quand même reçu quelques messages de Robby en provenance de notre planète, pendant sa longue période de sommeil. Il y explique comment sa fille s'est débrouillée lorsque sa mère a disparu... Aleksa de son côté, a fait une découverte incroyable: la navette a été abordée pendant l'hibernation, par un vaisseau gigantesque, trop avancé pour être d'origine humaine. De plus, il semblerait bien qu'un des membres d'équipage soit sorti de son sommeil bien avant eux...

Après ce très bon début, je dois malheureusement vous dire que la suite de l'album ne m'a pas réellement enchanté. L'histoire se tient bien quand même, et j'aime beaucoup toute la partie exploration d'un vaisseau inconnu, figure classique de la SF. C'est plutôt bien fait d'ailleurs.

(c) Dargaud - Marazano / Ponzio
Non, ce qui me chagrine, ce sont les facilités et les raccourcis pris par le scénario. Il y a pourtant un gros potentiel depuis le début, mais à la clôture de cette série, j'ai ressenti comme un goût de trop peu.

[Pour ce qui va suivre, là c'est impératif d'arrêter de lire si vous comptez un jour vous faire la trilogie du Complexe du Chimpanzé.]

Ce qui m'a le plus déplu, c'est l'explication principale concernant ces astronautes qui existent en double, voir triple exemplaires. Le "pourquoi du comment" est balancé en deux ou trois phylactères (même si cela avait déjà été amorcés dans le précédent tome), et le moins qu'on puisse dire, c'est que cela est bien vague. Je ne fais pas partie des lecteurs qu'il faut prendre par la main et à qui il faut tout expliquer mais tout de même ! En gros, cela repose sur un concept de physique abscons (et assené de manière trop simpliste) qui dit qu'en quittant la Terre, les astronautes perturbent la réalité, ce qui fait que d'un coup ils sont à la fois ici, et ailleurs... Désolé, je ne peux pas mieux le résumer, puisqu'en gros c'est ce qui est expliqué... C'est sûr que si on voulait la véritable théorie complète, il aurait fallu se taper un traité de physique quantique, et je ne crois pas que nos cerveaux de lecteurs lambda auraient supporté :D. Le problème, c'est que raccourcie de cette manière, l'explication revêt un aspect de bon vieux Deus Ex Machine de derrière les fagots. J'aurai encore préféré qu'on me dise "il n'y pas d'explication, alors l'explication c'est qu'il n'y en a pas"...

(c) Dargaud - Marazano / Ponzio
J'ai eu la désagréable sensation en avançant dans la lecture que j'avais peut-être raté une clé cachée qui permet de saisir le truc, mais je n'en ai pas l'impression (en fait si: je n'ai pas fait d'études de physique :D). Au final, on reste sur sa faim sur bon nombre de questions soulevées au cours de l'histoire, qui restent en suspens (qu'a vu Gagarine au fond de sa grotte sur Mars ? Pourquoi Hélène se désintègre-t-elle lorsqu'elle revient sur Terre après son double ? Où est passée la Terre à la fin du tome 2 (là encore, physique quantique) ? Que sont les extra-terrestres du tome 3 ? etc).

Je me demande maintenant si cette série était prévue dès l'origine en trois tomes, ou s'il en était prévu plus, pour finir réduite en trilogie. J'ai pourtant cru comprendre qu'une trilogie avait été annoncée dès le départ... Mais peut-être la fin n'était totalement pas écrite depuis le début ?

C'est donc dommage que cela se termine ainsi, car globalement, la trame de l'histoire était vraiment bien trouvée, l'ambiance était réussie, le dessin collait au scénario "sérieux". Il y avait de l'ambition dans cette trilogie, mais dont le résultat n'est pas à la hauteur.

(c) Dargaud - Marazano / Ponzio
Malgré tout, j'en retiens quand même l'originalité, et sur ce troisième tome Ponzio a parfaitement réussi à donner un aspect grandiose à l'album, les décors sont superbes, il y a beaucoup moins de personnages aux traits figés ou aux expressions exagérées.

Peut-être attendais-je trop de la fin de cette série ? Allez j'avoue qu'une seconde trilogie me tenterait beaucoup, si cela pouvait au moins éclaircir quelques zones d'ombre (pas besoin de TOUT expliquer, mais un minimum quand même...).

Quelque part, cette série est certainement destinée plutôt à ceux qui ne sont pas habituellement attirés par la SF, car ils liront ici une bonne histoire de suspense, centrée sur les états d'âme du personnage principal. L'objectif final de Marazano, c'était peut-être même cela...

Note finale:
Une fin déconcertante pour une trilogie qui aurait mérité mieux vu le potentiel. Cela reste de la SF de bonne facture, mais il manque un ingrédient pour que la mayonnaise prenne réellement.

samedi 8 octobre 2011

[Série TV] American Horror Story S01E01

Diffusé aux USA le 5 octobre dernier, je me suis procuré l'épisode pilote de cette nouvelle série, grâce à un oncle d'Amérique bien sympathique ;).

Pour situer de quoi il s'agit, American Horror Story est la nouvelle création de Ryan Murphy, à qui on doit déjà Nip/Tuck et Glee. Cette fois-ci, il nous propose une série au ton résolument fantastique, teinté d'horreur. Une série d'épouvante, en somme.

Ce pilote est plutôt efficace, même s'il manque LA petite étincelle qui me ferait dire que j'ai adoré.

Sous des airs de remake d'Amityville, Ryan Murphy nous ressert une énième histoire de maison maléfique / hantées / des horreurs (rayez la mention inutile), mais malgré tout, le format épisodique laisse augurer d'un traitement différent du schéma habituel des films du même genre.

Voici une tentative de synopsis:
La famille Harmon est passablement abîmée. Vivien, la mère, est en dépression à la suite d'une fausse couche tardive. Son mari Benjamin est infidèle. Leur fille Violet, au milieu de tout ça, ne va guère mieux. Après cette difficile période, direction Los Angeles, où les Harmon ont décidé de s'offrir un nouveau départ dans une belle maison victorienne, au passé lourd et douloureux (morts violentes des précédents résidents). Benjamin, psychiatre, choisit d'installer son cabinet au sein de la nouvelle maison, histoire d'amener quelques tarés de plus dans la maison afin de pouvoir mieux concilier vie de famille et travail. Mais à peine sont-ils installés que les choses se gâtent (bah oui, on n'est pas dans un épisode de Recherche Appartement ou Maison). Ben commence à halluciner (sans en être conscient), voyant la veille gouvernante de maison qu'ils ont engagée comme une allumeuse ultra-sexy. Vivien, elle, se passionne pour les tapisseries littéralement monstrueuses, cachées sous le papier-peint. Et Violet, qui développe une légère tendance à la scarification, s'acoquine avec l'un des nouveaux patients de son père, Tate. Ce dernier a d'ailleurs un comportement sacrément glauque, il fait des rêves dont le déroulement rappelle celui de tragédies comme celle de Columbine. Au lycée, Violet est victime d'une autre jeune fille qui l'a prise pour tête de turc, et sur les conseils de Tate elle décide de lui faire la peur de sa vie en l'invitant dans le sous-sol de la maison... C'est sans compter l'horrible présence qui y rôde, avec laquelle Tate semble entretenir quelques rapports...

Une petite bande-annonce (qui est plutôt le générique, à l'ambiance visuelle et sonore de Seven):


Ce premier épisode compile donc énormément de clichés du genre, et accumule les situations plus glauques les unes que les autres. On sent que les scénaristes posent plein de jalons, multiplient les axes de développement futurs, et cherchent en même temps à mettre le spectacteur le plus mal à l'aise possible.

Tout est bon pour y parvenir, que ce soit l'utilisation d'artifices du genre "bouh, j'te fais peur" (images et/ou sons qui font sursauter), personnage prophétique étrange interprété par une actrice trisomique, cadrages décalés, musique "qui fait peur", apparitions suspectes, images subliminales, j'en passe et des meilleures (des jarres remplies de restes humains, dont des bébés).

Au final, on ne passe pas un mauvais moment, d'autant que la mayonnaise entre les acteurs prend tout de suite, avec un casting réussi (dont une Jessica Lange flippante). Les petites séquences gores ne sont pas ridicules, même si là encore cela fleure bon le déjà-vu.

Une série à surveiller donc, malgré tout, car il y a du potentiel. A condition de sortir un peu des chemins battus, tracés par les classiques du genre... 

Pour les anglophiles, voici la séquence d'introduction complète (pas besoin d'un grand niveau pour comprendre), qui donne déjà le ton:

vendredi 7 octobre 2011

[Avis] S.A.M. T.1 "Après l'Homme" de Marazano & Shang aux éditions Dargaud.

C'est par pur hasard que j'enchaîne avec une chronique d'un autre album scénarisé par Richard Marazano. S.A.M. est une BD que je voulais acheter depuis un moment, et comme elle m'est tombée entre les mains d'occasion, j'ai saisi l'opportunité ;).

J'aimais beaucoup la couverture, très réussie, pour son dynamisme et sa faculté à attirer l'oeil. De plus, même si c'est un détail, j'aime bien la maquette de celle-ci, qui place sobrement le logo en haut à droite (même le logo Dargaud n'est pas à sa place habituelle !). De plus, ayant parcouru une preview sur le site Avant-Première, j'avais déjà noté que le dessin me plaisait beaucoup.

Avec S.A.M., nous pénétrons d'un univers post-apocalyptique (cela fleurit de plus en plus ce type d'univers ces temps-ci). Dans une ville ravagée, contrôlée par les robots, les humains sont cantonnés aux parties souterraines. Mais pas TOUS les humains: uniquement les enfants. Les adultes ont été éradiqués par les robots, laissant leurs progénitures survivre par leurs propres moyens. Ces derniers vivent de récupération, parcourant la ville en journée, évitant les rondes de robots qui les traquent, à la recherche de rations de nourritures et de médicaments. La nuit tombée, ils restent terrés dans leurs abris, pour ne pas rencontrer les unités nocturnes, celles qui sont les plus terribles et les plus impitoyables. C'est dans ce monde sans merci que nous faisons connaissance avec un petit groupe d'enfants: Yann, Ella, Cassandre, Russ et Marco. Au cours d'une de ces journées pendant laquelle ils glanent des vivres tant bien que mal, l'un d'entre eux, Yann, tombe nez à nez avec un robot. Chose étrange, au lieu de le tuer sur le champ, ce dernier semble attiré par Yann. Malgré tout, devant la menace potentielle qu'il représente, ses quatre amis le dégomment, avant de rentrer se mettre à l'abri. Yann, lui reste auprès de la machine, qu'il appelle S.A.M. d'après les inscriptions qu'elle porte sur elle. Il est persuadé qu'il peut en apprendre plus sur elle, et qu'elle pourrait même leur être utile à tous. Malheureusement, il n'a pas le temps de pousser plus loin ses investigations, car une patrouille le déniche. Alors Yann tente de s'échapper, on dirait bien que S.A.M. a une réaction pour le moins étrange pour un robot...

(c) Dargaud - Marazano / Shang
(c) Dargaud 
Marazano / Shang
Cet album semble clairement s'adresser à un lectorat plutôt jeune. Pour autant, j'ai pris plaisir à le lire. L'histoire, même si elle ne déborde pas d'originalité (euphémisme :D), est une sorte de compilation réussie. On pense à plein de références en le lisant, de Sa Majesté des Mouches à Akira, en passant par La Guerre des Mondes (version Spielberg). Mais tout cela relève plus de l'inspiration et du clin d'oeil que de la copie pure et simple. C'est donc un bon démarrage, et s'il laisse la part belle à l'action, cet album n'oublie pas de distiller au compte-goutte des éléments sur l'univers dans lequel il prend place (un potentiel soulèvement des robots, les adultes exterminés). Autre influence également qui m'est apparue en le lisant: je n'ai pas pu m'empêcher de penser au Géant de Fer, aussi bien par cette histoire de relation enfant-robot, que par le design du robot lui-même.

Le design, justement, est particulièrement soigné. Les robots, bien qu'encore peu nombreux à faire leur apparition dans ce premier tome, sont réussis (même si là encore leur apparence est comme issue d'un imaginaire collectif). L'architecture de la ville est tout aussi soignée, on aurait juste souhaité en profiter plus. Le dessin des personnages est vivant, plein de mouvement. On jurerait que les cases sont issues d'un dessin animé, effet certainement accentué par la mise en couleur au rendu proche de l'animation (par contre, certaines cases sont un poil sombres). Le trait fortement typé mangas n'y pas non plus étranger.

Par contre, je trouve que que d'avoir mis les trois potentielles couvertures des suites au dos de l'album n'est pas très malin. Si ce sont réellement les prochaines couv', alors il est aisé de deviner la trame que va suivre l'histoire, et cela semble confirmer qu'elle risque de ne pas trop nous surprendre par son schéma classique. Ou alors tout ça n'est que ruse...

(c) Dargaud - Marazano / Shang

Pour finir, une petite bande-annonce:



Note finale:
Un premier tome agréable et efficace qui, même s'il se lit vite, permet de passer un bon moment. Le dessin n'est pas en reste, et on a hâte de découvrir un peu plus de robots dans le second volet (la série est prévu en 4 tomes). Un album qu'on destinera en priorité aux ados, mais qui peut également convenir aux plus vieux sans soucis.

jeudi 6 octobre 2011

[Avis] Le Complexe du Chimpanzé T.2 "Les Fils d'Arès" de Marazano & Ponzio aux éditions Dargaud

La lecture du tome 1 encore fraîche dans mon esprit, j'ai donc tout logiquement enchaîné avec sa suite.

Je vous conseille au passage d'éviter de lire cette chronique sur vous n'avez pas lu le premier album ;).

Pour ce deuxième volet du triptyque, nous retrouvons Hélène Freeman dans son caisson cryogénique, à bord d'une navette en route pour Mars. Avec le reste de l'équipe, elle s'est lancée sur les traces d'une mission secrète russe, qui est parvenue à atteindre la planète rouge dans les années 70, alors que les américains ne se contentaient encore que de la Lune. Profitant d'une durée du voyage assez longue, la NASA a mené l'enquête sur cette mission soviétique, pendant le sommeil prolongé de ses cosmonautes. Grâce aux archives fournies par les Russes, on apprend qu'elle a en fait été menée par Youri Gagarine, astronaute célèbre pour avoir été le premier être humain dans l'Espace ! A l'approche de l'orbite de Mars, la navette traverse une tempête solaire. Les deux membres d'équipage en poste la subissent de plein fouet, et lorsqu'un mois plus tard Hélène et ses compagnons émergent de leur hibernation, ils découvrent qu'un des deux pilotes a tout bonnement disparu. Le second, lui, n'a plus l'air d'avoir toute sa tête. Si les ennuis commencent déjà, que leur réserveront les plaines rougeâtres de Mars ?

(c) Dargaud - Marazano / Ponzio
J'ai refermé ce tome 2 plutôt satisfait, car il gomme la plupart des défauts notés à la lecture du premier. Cette fois-ci, on garde un rythme soutenu, mais la progression de l'histoire est plus fluide. Les rebondissements s'enchaînent sans accroc, sans temps mort, mais sans plus avoir ce sentiment de "trop vite".

Là encore, le scénariste exploite des éléments historiques réels entremêlés d'une grosse partie de fiction (ah bon, c'est inventé ? Je vous en bouche un coin là, :D), et y ajoute une petite pincée, à la manière de Dutronc, de "on nous cache tout, on nous dit rien" pour justifier le tout. La théorie du complot, ça marche toujours. Marazano conserve une bonne partie du mystère, et en rajoute même une couche à la fin de l'album, avec un cliffhanger assez balèze.

(c) Dargaud - Marazano / Ponzio
Graphiquement, cela m'a paru également un cran au-dessus. J'ai moins ressenti l'effet figé, le côté roman photo que la technique du dessinateur conférait à certaines planches du premier tome. On peut parfois encore tiquer un peu, mais c'est vite oublié. Je persiste à penser de toute façon que le dessin de Ponzio colle parfaitement au scénario, et ce réalisme presque photographique va de paire avec les décors de la navette, vraiment réussis.

Voilà, inutile de s'étendre plus, j'ai plutôt envie de passer au troisième et dernier tome, histoire de voir un peu comment va s'en sortir le scénariste avec une trame qui se complexifie. J'espère qu'on saura quel rôle va jouer Hélène Freeman dans tout ça, elle qui a continué de subir un peu les évènements. Gageons qu'on en saura plus aussi sur le rôle de la fille de l'héroïne, sur laquelle l'histoire s'attarde avec insistance, et dont on se doute que le dénouement va bouleverser la vie...

(c) Dargaud - Marazano / Ponzio
J'espère en tout cas que les auteurs ne vont pas nous faire subir le fameux Complexe du Chimpanzé évoqué dans le premier tome. Est-ce que le lecteur va se sentir à son tour objet d'une expérience sur laquelle il n'a aucune emprise ?

Réponse très bientôt.

Note finale:
Une suite qui dépasse les attentes générées par le premier tome, et dont on a clairement envie de connaître le dénouement, surtout à la lecture des toutes dernières planches. Reste à savoir comme les auteurs vont se sortir du concept abordé dans le scénario, qui peut vite s'avérer casse-gueule. Pour le moment, c'est efficace, et on en redemande.

mercredi 5 octobre 2011

[Avis] Ralph Azham T.2 "La Mort Au Début du Chemin" de Trondheim aux éditions Dupuis

Ayant beaucoup aimé le premier tome de Ralph Azham, (et le travail de Lewis Trondheim, dans sa quasi-globalité), j'attendais avec impatience la sortie du second.

J'ai été assez surpris par cette suite. Partagé, ajouterai-je. Attention, pas partagé par le résultat, car au final, j'ai quand même aimé cet album. Mais j'ai ressenti quelques gènes à sa lecture, concernant le rythme auquel les situations s'enchaînent. Je me suis demandé quelles étaient les intentions réelles du sieur Trondheim qui, on le sait, n'aime jamais aller là où on l'attend... Je vais revenir là-dessus un peu plus loin...

Pour ce nouvel opus, nous retrouvons donc Ralph et Raoul, en route pour Astolia, la cité où l'on rassemble les "bleuis"  (des enfants qui ont un super pouvoir, parfois bien nase :D). C'est là qu'on doit les présenter à l'Oracle, qui "vérifiera" si parmi eux se trouve l'Elu, celui qui mettra un terme à la terreur de Vom Syrus. Sur leur chemin, nos deux compères font une pause dans une garnison du royaume. C'est là qu'ils rencontrent de nouveaux enfants aux dons les plus farfelus les uns que les autres (genre celui qui ne dort jamais, celui qui entend de très loin). Eux aussi sont en transit pour Astolia. Il tombent notamment sur Yassou, sorte de mini Amiral Ackar bleu, très bavard, très sûr de lui. Cela donne d'ailleurs lieu à de croustillants dialogues (LA révélation de l'album :D). Tout ce petit monde repart ensemble le lendemain pour Bélista. C'est dans cette cité,  dernière étape avant Astolia, qu'ils doivent se présenter au Superintendant, qui est chargé de trier quels enfants auront l'honneur d'être amenés devant l'Oracle. La nuit suivante, alors que tout le monde se repose en attendant d'être sélectionné, une ombre noire s'introduit dans les dortoirs, et s'attaque sans quartier à tous les enfants ! L'hospitalité des lieux semble pour le moins particulière ! Dans le sauve-qui-peut général, Ralph perd de nombreux amis, et s'échappe du château...

(c) Dupuis - Trondheim
N'en racontons pas plus pour ne pas gâcher quelques bonnes surprises ;)...

Dans ce second tome, les évènements prennent une tournure beaucoup plus sombre. Lewis Trondheim prend le lecteur à contre-pied, et paraît même prendre un malin plaisir à détruire tout ce qu'il a mis en place dans l'album précédent. On a parfois la sensation qu'il casse son nouveau jouet, comme pour nous narguer d'un "Ah je vous ai eus". Il se débarrasse de personnages clés en quelques cases, les combats et les scènes d'actions s'enchaînent, les têtes volent, les toits des châteaux aussi. Au final, des décombres semble naître un nouveau départ pour la série (déjà !). Ça y est, les choses sérieuses commencent !

(c) Dupuis - Trondheim
Je vous rassure, au milieu de tout ça, on retrouve les éléments clés du succès du premier: l'humour décalé, le détournement des codes de la fantasy (pouvoirs ringards, objets magiques en apparrence inutiles, etc). Et puis on se demande même jusqu'où Trondheim ira: il ose nous zigouiller des gamins, ou encore utiliser un bébé comme appât. Je me suis par moment interrogé si tout cela n'était pas fait exprès pour aller à l'encontre de l'esprit "bon enfant" du journal de Spirou, dans lequel, rappelons-le, cette série est pré-publiée... Mais je vois peut-être le mal et la subversivité partout. 

On peut peut-être aussi voir toutes ces morts violentes d'enfants, au nom d'un rituel de sélection, avec un oeil plus critique, et chercher un sens à tout cela. N'y-a-t-il pas tentative de nous livrer une parabole sur la fin de l'enfance, la perte de l'innocence, le passage à l'âge adulte ? Beaucoup de détails s'y rapportent, si on réfléchit bien. Les enfants qui doivent passer une sorte "d'examen" final; ceux qui sont vieillis prématurément de la main d'un adulte; cette sélection pour chercher une élite...  Sans trop tomber dans la sur-interprétation, on peut déceler qu'il a un thème récurrent...

(c) Dupuis - Trondheim
En tout cas, à l'image de son créateur sur cette série, Ralph est sans concession, et ne s'embarrasse (presque) pas avec les sentiments. Trondheim continue également d'entretenir un mystère autour du pouvoir caché de son (anti)héros, qui a la faculté de rallier à ses côtés les âmes des morts, le sortant parfois de certaines situations périlleuses. Il nous garde un biscuit sous le coude pour le tome 3 ;).

(c) Dupuis - Trondheim
Côté technique, j'ai trouvé l'album un chouilla en dessous du précédent par endroit, mais j'adore toujours autant l'univers dans lequel évolue notre pleutre canard. Et surtout, la mise en couleur est une fois encore excellente. Certains décors sont franchement réussis, et le bestiaire n'est pas en reste non plus.

Cette suite fourmille donc d'inventivité, mais elle peut parfois être déroutante. Le déroulement des évènements est probablement trop rapide par moment, mais du coup, jamais vous ne vous ennuierez. Tous ces savants artifices employés par l'auteur plongent le lecteur dans un univers où tout peut arriver, où des personnages importants sont dégagés de l'histoire sans ménage, mais aussi où un nouveau méchant intrigant et puissant fait son apparition.

Bien que Lewis Trondheim ait annoncé avoir terminé les 50 planches suivantes constituant le tome 3, il faudra attendre jusqu'en avril 2012 pour connaître la suite, et savoir si oui ou non l'auteur savait déjà où il allait dès le départ (ce second tome jette par moment le doute). Mais si vous êtes impatients, il vous reste les pages pré-oubliées dans le Journal de Spirou.

Note finale: 
Un second opus parfois confus, mais sans temps mort, qui recèle quelques surprises. L'univers de Ralph Azham s'étoffe, et le tome 3 sera certainement décisif pour savoir jusqu'où Lewis Trondheim compte nous emmener.